Faire de la musique - Expressions
Faire de la musique
Dans Curiosités de l'archéologie et des Beaux-Arts, publié chez Paulin et Le Chevalier en 1855, nous trouvons une pratique singulière et malhonnête initialement dénoncée par Louis-Sébastien Mercier.
Mercier explique en effet dans son Tableau de Paris, paru en 1781, de quelle manière certains maçons peu scrupuleux placent des carreaux de pierre de quelques centimètres d'épaisseur sur le pourtour d'un mur, de telle façon que ces carreaux donnent l'illusion d'être des pierres de taille traversant toute l'épaisseur du mur... Ces maçons font ainsi payer à leurs clients ces pseudos pierres de taille au prix des vraies !

"L'oeil est trompé, si le mur doit avoir 20 pouces d'épaisseur, en un seul morceau de pierre, il n'en a que 6 en deux morceaux ; et si le morceau en pierre vaut 6 livres, les deux morceaux ne valent que 20 ou 30 sols. Il reste un vide de 14 pouces entre les deux carreaux. Quelquefois, le dangereux maçon laisse le vide par économie ; mais quand il a un reste de pudeur, il le remplit avec des débris de cheminées ou par de petits morceaux de moellons liés avec du mortier ou du plâtre."
"Ce délit punissable est appelé, en terme de maçonnerie, faire de la musique. C'est en faisant de la musique de cette sorte que les entrepreneurs parviennent à avoir une voiture pour aller à l'Opéra."
Voilà donc une bien belle expression pour une pratique bien peu avouable !

