Meurtre en 1873 - Histoires
Un meurtre en 1873
A quelques kilomètres de Cahors, sur le bord d'une route aujourd'hui moins fréquentée qu'il y a quelques années, se dresse une stèle. Ignorée de la plupart des automobilistes qui foncent à cent à l'heure sur leur bandeau de bitume, cette stèle commémore un drame qui eut lieu en 1873 : l'assassinat d'une enfant. Le texte de la stèle est le suivant :
Le 28
juillet 1873
fut ici massacrée
victime de sa pudeur
Marie Sastres
âgée de 9 ans
(?) mois
par l'infâme (?)
décapité le 15 janvier
1874 à (?)
Le nom de l'assassin, ainsi que le lieu de son exécution, ont été grattés, peut être par la famille pour que ne soit pas jetée l'opprobre sur les générations suivantes portant le même nom ? Acte vain, un tel crime marquant la mémoire d'un lieu pour plusieurs décennies. Le nom de l'assassin, nous l'avons retrouvé sur le site de Sylvain Larue : il se nommait Pierre Taurisson, et a été guillotiné à Tulle. Sylvain Larue, auteur de plusieurs ouvrages dans la collection "Les grandes affaires criminelles", fait sans doute une erreur lorsqu'il écrit "En août, sortant de la prison centrale d'Eysses...". Selon la stèle, la fillette a été tuée fin juillet ; c'est donc certainement fin juillet que l'assassin quitta la prison d'Eysses, et non "en août". D'après le même site, Pierre Taurisson est ensuite surpris par la petite Marguerite alors qu'il vole un sac de blé chez le fermier Conche ; il la tue aussi.
Il semble au moins que dans cette affaire, justice ait été faite.
Alsace-Lorraine - Petites histoires
Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine !
A la suite de la guerre de 1870 et du traité de Francfort, l'Alsace et la Lorraine sont en grande partie annexées à l'Allemagne. Cet état de fait demeurera jusqu'au sortir de la guerre suivante, 1914-1918. Toutefois, durant ces quelques décennies, le coeur des Alsaciens-Lorrains n'a cessé de battre pour la France. En témoignent ces quelques papiers à lettre sans doute imprimés durant la Grande Guerre, et dont les en-têtes sont très significatifs. Parfois violents à l'encontre des Allemands, mais toujours avec une pointe d'humour, ils reflètent la pensée des Alsaciens-Lorrains en ces temps troubles du début XXe.
Une petite fille sauvée - Petites histoires
Une petite fille sauvée en 1900
Voilà quelques années, le grenier d'une ancienne école de Seine-et-Marne destinée à être transformée en mairie a été nettoyé. Il se trouvait dans ce grenier un lot de documents en mauvais état, et ordre a été donné de les déposer à la décharge municipale où ils auraient immanquablement été brûlés. En définitive, ce lot a pu être soustrait à la destruction et les documents qu'il contenait ont rejoint nos dossiers.
Il s'agissait de plusieurs numéros du Bulletin de l'instruction primaire, département de Seine-et-Marne, dont
chaque année avait été scellée - depuis environ cent ans lors de leur redécouverte - d'un bandeau de papier mentionnant l'année concernée. Ces bulletins n'apportent pas de grandes révélations, mais ils sont toutefois les témoins d'une époque et fournissent nombre de renseignements sur la vie scolaire en 1900. On y retrouve les nominations des instituteurs pour le département de Seine-et-Marne, quelques exercices et dictées en vigueur dans les classes en ce début de XXe siècle, les excursions scolaires organisées par village, des résultats d'examens, des textes de lois concernant le milieu scolaire, l'évolution des vacances scolaires, etc.
Après plus de cent années, nous avons aujourd'hui ouverts ces bulletins. Dans le Bulletin n° 237, année 1900, juillet, un fait divers ayant eu lieu à la Chapelle-Iger a attiré notre attention. Nous le reproduisons ci-dessous.
La Chapelle-Iger - Le lundi 11 juin 1900, à 9 heures du soir, la jeune Flamand (Adrienne), âgée de 5 ans et demi, jouait avec son frère et un petit voisin, près de l'abreuvoir communal. A un moment donné, elle tomba à l'eau, profonde d'un mètre.
Le frère de l'imprudente se sauva à toutes jambes. Heureusement, le jeune Daudin (Raoul), élève de l'école mixte, âgé de 10 ans, se porta immédiatement au secours de l'enfant, la saisit par un bras et réussit à l'amener à lui, puis à la retirer avant que l'asphyxie eût fait son oeuvre.
M. l'Instituteur a complimenté le jeune Daudin (Raoul) de sa présence d'esprit devant tous ses camarades et M. l'Inspecteur primaire lui a adressé, en outre, une lettre de félicitations.
Nous sommes heureux de signaler la belle conduite du jeune Daudin à tous ses camarades du département.
Cet article est paru en fin de volume, dans la rubrique "Chronique du bien". Dans la même rubrique (n° 234, année 1900, février), on peut lire les félicitations adressées au jeune Emile Odelut, élève de l'école publique du hameau de Monthomé, commune de Saint-Cyr-sur-Morin, pour avoir rapporté à l'instituteur un porte-monnaie trouvé sur la route et contenant une somme d'argent.
Le reste des bulletins est actuellement en cours d'ouverture et chacun est minutieusement parcouru par nos soins.









