La physique des miracles
La physique des miracles
En 1872, Wilfrid de Fonvielle, journaliste et vulgarisateur scientifique, fait paraître un ouvrage intitulé La physique des miracles. De Fonvielle a le mérite d'y tenter l'explication rationnelle de nombreux "miracles", et d'y dénoncer plusieurs trucages volontaires possibles en rapport avec ces soi-disant miracles. Il semble toutefois que dans la plupart des cas, l'auteur n'ait pas eu accès directement aux instruments et phénomènes incriminés (1), et qu'il se contente donc uniquement de démontrer que tel ou tel phénomène "miraculeux" peut tout à fait trouver son explication dans les phénomènes physiques naturels. Ce n'est déjà pas si mal, bien sûr, mais une démonstration directe de la mystification opérée par certains (ou du phénomène naturel responsable du "miracle") aurait sans doute mis un bien plus grand coup de pied dans la fourmilière des "marchands de miracles", comme il les appelle lui-même. Bref, ce livre demeure fort intéressant à bien des égards et il vaut la peine d'être lu.
De Fonvielle donne notamment une explication des sons qu'émettait la statue de Memnon dans l'Antiquité, en Egypte, faits rapportés par plusieurs auteurs de l'époque. Il signale tout d'abord les travaux de M. Trevelyan qui a démontré qu'en plaçant une tige de fer sur une masse de plomb échauffée, on pouvait entendre des sons très aigus. Il s'agit là d'un phénomène de dilatation. Mais De Fonvielle penche plutôt - très certainement à tort, l'explication par la dilatation semblant plus probable (2) -, pour un système de conduits menant la voix d'un prêtre jusqu'à la bouche de la statue. Wilfrid de Fonvielle cite pour exemple l'expérience de Gay-Lussac utilisant une conduite de gaz portant un air de musique sur plusieurs kilomètres sans pratiquement aucune altération ni atténuation de celui-ci. On connaît tous aussi, dans notre enfance, ce jeu qui consiste à relier deux gobelets de plastique par un fil et ainsi dialoguer avec un interlocuteur à distance.
Selon De Fonvielle, certains instruments de mystification seraient encore - à son époque du moins -, en la possession de certains musées parisiens. L'un de ces instruments est un Christ articulé avec poulies reliées par une corde. En actionnant discrètement une pédale avec son pied, le prêtre pouvait ainsi faire incliner la tête du Christ comme il le voulait, en réponse à ses sermons. Une autre pièce est un démon qui était éjecté d'une boîte avec rapidité, à l'aide d'un ressort, effrayant ainsi les pénitents. Cela peut prêter à rire car le principe rappelle beaucoup ces boîtes avec laquelle s'amusaient les enfants dans le passé, et d'où un personnage fantasque monté sur ressort sortait... Toutefois, d'après Wilfrid de Fonvielle, l'instrument en question était plus grand et bien plus perfectionné.
Wilfrid De Fonvielle s'attaque ainsi au fil des pages aux reliques, aux guérisseurs, aux superstitions, aux statues qui pleurent ou qui saignent, et même au spiritisme. Un travail très clair de démystification et de vulgarisation - il n'est nul besoin d'avoir de grandes connaissances scientifiques pour comprendre les écrits de De Fonvielle -, qui a permis et permet encore aujourd'hui au grand public d'acquérir une vision rationnelle de ce que l'on appelle, faussement, des "miracles".
(1) Certains miracles ayant eu lieu dans un passé plus ou moins lointain, il est normal que l'auteur n'ait pu les étudier directement. Mais d'autres phénomènes décrits dans l'ouvrage auraient pu faire l'objet d'une étude plus approfondie.
(2) Nous verrons cela dans les prochains mois avec un article spécialement consacré au phénomène vocal de la statue de Memnon.
La croix de Migné, d'après une estampe du temps, tirée du cabinet de M. E. Dentu. Wilfrid de Fonvielle explique l'apparition par un phénomène de mirage, la croix étant apparue au moment du coucher du soleil.
Lucifer existe - Mystifications
"Lucifer existe... Je l'ai rencontré"
Dans les années 1910, Henri Louatron est invité à une séance d'appel d'un "Esprit de Lumière". D'un naturel sceptique, il précise toutefois à son interlocuteur qu'il fait "sans doute partie d'un petit cercle de mystificateurs ou de mystifiés comme il s'en rencontre tant". Louatron relève malgré tout l'invitation, et se rend à cette messe noire effectuée en plein coeur de Paris, à une adresse qu'il ne nous précise pas (ayant promis aux organisateurs de cette "messe" de ne rien divulguer de la position précise du lieu). Suite à la séance, il croit profondément que tout ce qu'il a vu est réel et non truqué, ayant lui-même "minutieusement examiné l'appartement". L'intérêt de son témoignage est qu'il nous le livre de manière quasi-scientifique, dans un petit livret publié à très peu d'exemplaires, A la messe noire ou le luciférisme existe. Mais le témoignage lui-même a-t-il été inventé de toutes pièces par Louatron, ou bien ce dernier a-t-il réellement vécu cette expérience de messe noire ?
Les lieux sont très précisément décrits, un plan de la "chapelle" est dressé, les faits et gestes des personnes présentes et l'apparition sont retranscrits le plus fidèlement possible.
"Par une double porte, capitonnée de moleskine, nous pénétrâmes dans une pièce carrelée, aux murs blancs à encadrements rouges, et que les habitués appellent "la chapelle"". C'est ainsi que Louatron entre dans les lieux. Plus loin, il nous fournit une description méthodique de la "chapelle" et de son mobilier.
"La chapelle devait avoir six mètres sur huit. Voici de quoi se composait son mobilier :
Par terre, un grand tapis de linoléum rouge semé d'étoiles blanches, recouvrait un carrelage passé au chromo et ciré. Deux bancs à dossier bas, placés à droite, l'un derrière l'autre, et dont la longueur était calculée pour que six personnes pussent s'asseoir, côte à côte, sur chacun d'eux, sans être serrées ; deux coussins en tapisserie, de même longueur, devant chaque banc, pour s'agenouiller. Un bâti parallélipipédique en bois de 1 m. 80 de haut sur 1 m. 40 de long et 1. m. 10 de large et dont la base, presque carrée par conséquent, était fermée par une épaisse planche de cette forme que supportaient les quatre pieds, à 0 m. 20 au-dessus du sol, bâti composé, outre ses montants, de cinq châssis : quatre pour les côtés et un pour la couverture, clos en toile métallique soigneusement pointée près à près, ce qui en faisait une cage. Cette cage était placée à trois mètres devant les assistants, à gauche. Un autel érigé sur un palier de trois marches, à deux mètres des assistants également, mais à droite. Un grand réflecteur éblouissant, en aluminium, pendu au mur, derrière l'autel et au-dessus. Une lampe de très fort calibre (bec de 20 lignes), allumée, muni d'un réflecteur plus petit, plus concave et plus brillant encore que le précédent, était accrochée au mur, à l'opposite, juste vis-à-vis du grand réflecteur de l'autel, de façon que le faisceau des rayons lumineux de la lampe convergeât bien vers le foyer de ce dernier miroir. Entre cette lampe et l'autel, à deux mètres de la marche inférieure, et à deux mètres devant les assistants, un brûle-parfums en bronze oriental, monté sur trois pieds de même métal, guillochés et ciselés avec une extrême sobriété, et hauts de 70 centimètres. Enfin, au fond de la pièce, derrière le brûle-parfums, adossée au mur et faisant face aux spectateurs, une statue de marbre blanc posée sur un piédestal, représentant un bel ange ailé, de la taille d'un homme, peint couleur de carnation, au front orné d'une grosse étoile resplendissante, la main gauche élevée tenant une torche, et la droite, pendante, portant un cercle et un triangle du contour desquels s'échappaient des rayons lumineux. Entre l'autel et la statue une grande croix de bois peinte en noir, de 1 m. 20 de long, sur laquelle était cloué un Christ en fer émaillé blanc, jonchait le sol, le pied tourné vers l'autel. A côté de la statue, suspendu au mur, un cartel. Sur le tabernacle de l'autel se retrouvait une autre belle, grande et étincelante étoile qui, émergeant en fleuron du faîte du fronton, appelait tout de suite les regards. De chaque côté du tabernacle un grand vase de style hindou contenant un bouquet de jusquiame, de stramoine et de mandragore mêlées, venues du midi.
Sur le panneau en face de l'autel était appliqué, au milieu, en relief, un pentagramme doré d'où jaillissait des rayons rutilants. Au centre du plafond qui était cintré en coupole, à une hauteur de trois mètres, un grand trou conique dont la base mesurait trois mètres de pourtour environ, et l'orifice supérieur, par où devait s'en aller la fumée des parfums, trente centimètres."
Plan de la chapelle
Par cette description de la chapelle, on le voit, il y a là un agencement particulier, sans doute destiné à "éblouir" les fidèles : parfums diffusés dans l'air, plantes "magiques" telle que mandragore, autel comme dans une église, statue du "dieu", enfin lampe et réflecteurs éblouissant littéralement les participants. Et à peine entrés, la cérémonie commence. Les fidèles s'agenouillent, se prosternent devant la statue, pendant qu'une "jeune et jolie femme" entre dans la cage, après avoir alimenté le brûle-parfums de bois aromatique - vétyver et patchouli, croit Henri Louatron. La cage est ensuite fermée à clé, et cette clé remise à un autre assistant qui la place dans sa poche. Un ami de Louatron, accompagné du domestique,"déroulèrent ensuite deux filets qu'ils commencèrent par passer successivement sous la cage, en les entre-croisant l'un par-dessous l'autre, entre les pieds, et dont, les relevant, ils enveloppèrent minutieusement chaque panneau de toile métallique et chaque montant ; après quoi ils apposèrent des scellés, employant pour cette opération un grand cachet qu'un de mes voisins (1) avait apporté ; enfin ils prirent deux épaisses feuilles de zinc, larges l'une d'un mètre et l'autre de 1 m. 30, longues toutes deux de 1 m. 50, qui étaient couchées sur le côté, l'une recouvrant l'autre, le long du mur, derrière la loge grillagée, et qui étaient munies d'une poignée à chaque bout ; et ils les glissèrent sous ladite cage, les croisant l'une sur l'autre, pour détruire tout soupçon de trappe dans le plancher".
La jeune femme enfermée se mit ensuite à jouer du violon, pendant qu' "une colonne de fumée blanche, à senteur suave, s'élevait du brûle-parfums vers l'orifice conique du plafond".
Musique, parfum, lumière... Autant d'ingrédients susceptibles de conditionner les participants, de leur faire "perdre les sens" pour les amener à croire à l'apparition à venir...
Les fidèles, guidés par un prêtre, récitent ensuite différentes prières. Puis le prêtre piétine avec rage le grand crucifix étendu au sol. Différents gestes se succèdent, entre l'autel et la cage, puis "le célébrant prit de la main gauche sur le côté droit de l'autel, un petit livre relié en cuir rouge avec encadrement noir gaufré sur chaque plat de la couverture, et, de la main droite, une baguette de cyprès longue d'un mètre, comptant paraît-il, sept noeuds, et ceinte de trois larges bagues espacées de 30 centimètres, une d'or, une d'argent et l'autre rouge feu à reflets de flamme". Le prêtre frappe ensuite "deux fois les pieds de l'ange en marbre peint, de sa baguette, articulant avec force : "Aum ! Schem Hamphorasch !". Il se retourne alors vers le brûle-parfums, y plaçant l'extrémité de sa baguette, en invoquant par trois fois le "Dieu de Lumière".
A ce moment, Louatron se dit "glacé d'effroi" par cette invocation. Sans doute est-il alors, comme le reste de l'assistance, parfaitement endoctriné pour ce qui va suivre...
Au bout de quelques minutes d'attente durant lesquelles la jeune femme-médium se met à gémir et à se tordre dans sa cage, une "bourrasque" souffle dans la pièce, "menaçant d'éteindre la lampe". "Le plancher d'où elle semblait surgir, fut secoué par une sorte de tremblement de terre ; des éclairs sillonnèrent le plafond ; la vapeur des parfums en combustion s'épaissit d'une façon extraordinaire et, sous le faisceau conique des rayons de lumière de la lampe réverbérés par le réflecteur de l'autel, prit graduellement la forme de l'Être représenté par la statue."
Epaississement des fumées et apparition de "l'Être" dans l'aveuglement des lumières... On a là toute la bonne recette d'un tour de prestidigitation.
Le prêtre lance alors une "poésie baudelairienne légèrement modifiée", en guise de prière au "dieu incarné". L'Être descend ensuite du trépied de bronze "avec une légèreté d'oiseau et apparut suffisamment matérialisé pour que chacun put le toucher", ce que fit aussi Louatron afin de s'assurer de la "réalité objective" de l'apparition. A ce moment, pour Henri Louatron, aucun doute, il est "en présence d'un mystérieux incarné nu et insexué, ailé de pennes blanches dont les extrémités semblaient légèrement maculées d'éclaboussures de boue." Il précise encore que "Le visage, les mains et les pieds du nouveau venu étaient flous". Ce dernier point ne pourrait-il s'expliquer par la fumée ambiante ?
Louatron parle aussi de "crépitements", et d'une "lumière éblouissante semblable à la lumière oxhydrique ou à celle d'un feu de bengale d'une blancheur nacrée", auréolant le corps de l'Être. Il parle encore de "décharges électriques semblables à celle d'une bouteille de Leyde".
Puis, après que la braise du brûle-parfums se soit éteinte, "L'Ange, dont la périphérie resta phosphorescente, se trouva vêtu d'une longue tunique blanche bordée d'un ruban rouge et qui lui tombait jusque sur les pieds et d'une toge couleur de safran brochée d'or".
L'Ange-Lucifer se met ensuite à marcher, allant de la cage du médium aux assistants. S'ensuit un long échange entre lui et les fidèles, durant lequel "les scellés apposés sur la cage disparurent, subitement volatilisés". De même, les filets qui entouraient la cage "tombèrent à terre", et la serrure "s'ouvrit sans que personne n'y eût touché", libérant la femme-médium.
Le moment de la disparition de l'Ange-Lucifer semble encore plus spectaculaire que celui de son apparition. L'Être s'envole vers l'ouverture du plafond "autour de laquelle il plana d'abord, horizontal, puis vola, tournoyant, descendant, remontant, s'efforçant en vain de s'envoler par cet orifice avec de violents et bruyants battements d'ailes qui renversèrent le trépied brûle-parfums et qui faillirent souffleter la statue et nous frapper au visage".
Mais ensuite, l'Ange descend, "paraissant lutter contre la loi de pesanteur". Arrivé au sol, il s'y recroqueville, et disparaît dans "un gros globe de fumée très épaisse, fort noire tout d'abord et d'où sortaient des petites gerbes de feu, puis grise, puis blanche, au fur et à mesure qu'elle se raréfiait". Et l'Être "disparut ainsi sous l'aspect d'une boule vaporeuse, dans le carrelage, à travers le linoléum, près du brûle-parfums".
L'assistance est ensuite agitée de spasmes qui la font se rouler à terre. Louatron ressent ensuite "une sorte de tristesse, d'ennui de vivre, de sensation de vide, de besoin d'un au-delà plus heureux", qui lui suggèrent "des idées de suicide". Ainsi, il ressort de cette expérience convaincu, mais vidé.
Et lorsque la maîtresse de maison lui pose la question de sa conversion à la nouvelle religion, Louatron se sort habilement du mauvais pas par une pirouette, se promettant en lui-même "de ne jamais remettre les pieds dans ce foyer d'égarement et de monstrueux paradoxe". Curieux, il demande si "l'Esprit de Lumière" a d'autres chapelles en France. Vrais ou fausses, Mme Z. accepte de lui donner ces informations : "Il y en a sept en France, dont quatre à Paris, deux sur la rive droite (une dans le XVIIIe) et deux sur la rive gauche, et une à Lyon (à la Croix-Rousse). Chacune des sept chapelles réunit treize fidèles. Puis elle cite une liste de chapelles de Lucifer dans le monde.
Chose curieuse, la conversation se termine sur des considérations politiques... anti-royalistes et anti-impériales, et pro-républicaines ! Plus étonnant encore : Lucifer lui-même, dans ses échanges avec les participants, eût des propos tels que "Louange à la République" ! Il ressort donc du texte un fort positionnement politique, auquel on ne s'attendrait pas dans le cadre d'une messe noire. La Révolution s'était retournée contre l'Eglise ; le témoignage de Louatron laisse percevoir qu'un petit groupe d'individus se serait alors tournés à l'extrême, vers un autre "dieu", Lucifer, cherchant à lier celui-ci à la République Française ! Bien évidemment, même en supposant que ce fut le cas, leur funeste projet aura fort heureusement échoué !
Quant à l'expérience elle-même, vécue par Louatron, tout n'est pas explicable à la première lecture du document, et au premier abord. Mais, nous l'avons vu, à l'étude du texte des pistes apparaissent : conditionnement collectif de l'assistance, prestidigitation... La présence de la lampe couplée aux réflecteurs, ainsi que les effets de fumées, vont dans le sens de quelques illusions d'optique. Quant à l'ouverture au plafond décrite par Louatron, et que ce dernier suppose servir à l'évacuation des vapeurs du brûle-parfums, on peut se demander si elle n'a pas plutôt une autre fonction. C'est par là que l'Ange-Lucifer tente de s'échapper (sans y parvenir), et c'est sous cette ouverture, au sol, qu'il disparaît. C'est aussi à cet endroit, d'ailleurs, qu'il apparut... Cette ouverture ne pourrait-elle cacher quelques fils, destinés à laisser croire à la légèreté et à l'envol de l'Ange ? Ne pourrait-elle participer elle-même, par quelques dispositifs y étant dissimulés, à d'éventuels effets d'optique ? Par ailleurs, il faut souligner que c'est sous cette ouverture, et entre les deux réflecteurs, que Lucifer "allait et venait" (voir ci-dessus, plan de la chapelle). Le rôle de ce triple dispositif semble donc avoir son importance dans l'apparition et les mouvements effectués par l'apparition.
Ce qui étonne aussi, c'est cette description précise des lieux par Louatron, et ce plan de la chapelle qu"il dresse, mesures à l'appui, alors qu'il semble ne pas avoir eu le temps d'analyser et de mesurer l'ensemble de la pièce ; en effet, dès qu'il y entre, accompagné des fidèles, il est entraîné dans la cérémonie, et il quitte les lieux en étant très perturbé à la fin. Louatron nous fournit aussi de grands extraits de conversations entre les fidèles et l'Ange, et les paroles des prières avec, semble-t-il, grande précision. A quel moment a-t-il eu ses informations ? S'est-il basé uniquement sur sa capacité d'observation pour retranscrire agencement, mobilier et mesures ? C'est bien ce qu'il semble puisqu'il dit, concernant les dimensions de la chapelle, qu'elle "devait avoir six mètres sur huit." Cela n'explique pas comment il a pu redonner le texte des prières. Son ami lui a-t-il fourni ces informations par la suite ? Louatron n'en dit rien. Ces détails permettent de penser qu'en définitive, cette aventure pourrait avoir été inventée d'un bout à l'autre, la messe noire décrite n'ayant en fait jamais eu lieu.
Toutefois, il reste la possibilité d'une belle et grande manipulation à base de tours de prestidigitation. Une reconstitution à partir du document laissé par Louatron, avec l'aide de quelques spécialistes de l'illusion et de la prestidigitation, permettrait peut-être de lever définitivement le voile de cette vaste mystification. Nous lançons le défi ! Avis aux amateurs.
(1) Voisin de Henri Louatron.
Les cercles d'abondance - Mystifications
Les cercles d'abondance
Peut-être aurez-vous un jour la chance que l'on vous propose d'entrer dans un cercle d'abondance, afin de remporter une somme d'argent rondelette et de pouvoir du même coup faire profiter vos amis du même principe merveilleux... Et peut-être aurez-vous la malchance, ou plutôt la mauvaise idée, d'accepter de participer à ce cercle.
Ce système disséminé dans toute la France et se développant dans la clandestinité, est présenté comme une économie solidaire. Voyons d'un peu plus près de quoi il retourne.
La composition du cercle
Le système est ainsi constitué : un cercle est formé (fig. 1). Ce cercle se compose précisément de 4 cercles concentriques. Le cercle central abrite 1 personne. Le cercle suivant, comportant 2 cases, accueille 2 personnes. Le troisième cercle, formé de 4 cases, accueille 4 personnes. Enfin, 8 personnes entrent dans le dernier cercle qui se compose de 8 cases. En tout, nous avons donc 15 personnes à l’intérieur de ce cercle.
Le fonctionnement du système
Chacun apporte avec lui une somme d’argent dont le montant, fixé à l’avance, est le même pour tous les participants du cercle, par exemple 10000 €. Lorsque le cercle est rempli, c'est-à-dire lorsque 15 personnes y sont entrées, les 8 personnes placées sur le cercle extérieur reversent à la personne située au centre l’argent qu’elles ont amené. La personne centrale quitte alors le cercle en empochant 80000 €, « gagnant » ainsi 70000 € sur une mise de départ de 10000 €.
Le cercle se divise alors en deux parties, et chacune des 14 personnes restantes se déplace d’un niveau vers le centre (fig. 2). Deux nouveaux cercles sont formés, 7 personnes se placent dans l’un, et 7 autres personnes dans l’autre. Ces 7 personnes emplissent alors les 3 cercles concentriques intérieurs, et il ne reste plus qu’à trouver 8 personnes entrantes sur le cercle extérieur pour un nouvel apport de 80000 €, avant que le cercle ne se divise à nouveau en deux autres cercles.
Les réunions
Le système est présenté lors de réunions. On est en général convié à ces rencontres par un ami ou un membre de sa famille, ce qui a bien entendu tendance à mettre en confiance. De grosses réunions ont lieu dans des salles louées à cet effet, dans des complexes privés ou publics, pouvant accueillir parfois 100 ou 150 personnes. Mais ce type de réunions a tendance à disparaître au fil du temps, au profit de lieux de rencontres plus intimistes, dans des cadres privés et en petit comité.
La présentation du système
On vous parle d'un "système d'entraide solidaire", "infaillible" et dont tout le monde - la Terre entière - pourra profiter, le tout se faisant dans un "esprit de solidarité".
Voilà la bonne affaire, vous posez 10000 €, vous ressortez avec 80000 €... Un placement avec un taux de rendement de 800 %, même votre banquier n'osera jamais vous le proposer ! Alors ? Se jeter dans l'aventure ?
La réalité en chiffres
La figure 3 montre l'évolution du système dans le temps. Car si l'on vous dit "pas de problème, il ne s'agit pas d'un système pyramidal, vous voyez bien puisque c'est un cercle", les cercles se divisant et faisant des petits forment bien, si l'on regarde le système dans son ensemble et d'un oeil extérieur, une pyramide. Voilà qui commence à poser question !
A noter que le système est montré sur la figure 3 de manière la plus simple. Si l'on prend l'exemple de la cinquième génération, par exemple, en réalité les seize cercles n'apparaissent pas en même temps ; tout dépend de la vitesse d'évolution et de recrutement de chaque cercle à la génération précédente. Les seize cercles de la cinquième génération naîtront donc sur un laps de temps plus ou moins étalé, un peu de la façon dont les générations humaines apparaissent, avec des enfants qui naissent de manière espacée dans le temps.
En nombre de personnes
En fait, il s'agit bien d'un système pyramidal, la forme du cercle n'étant là que pour induire en erreur. C'est en effet l'ensemble qu'il faut regarder, tel que le montre la figure 3.
Le graphique s'arrête à la sixième génération, faute de place. Mais bien sûr, les cercles continuent à se démultiplier, et l'on arrive donc à un nombre de personnes entrantes tendant vers l'infini, alors que la population mondiale est limitée en nombre. Pour précision, l'exponentialité du système fait que l'on arrive très rapidement - en quelques années tout au plus - à un point de saturation où l'on ne trouve plus aucune personne entrante. Il est à remarquer aussi que le recrutement des personnes se fait sur un temps de plus en plus long au fil du développement et des divisions des cercles.
Considérons seulement les 8 personnes entrantes. Voyons ce nombre dans la généalogie des cercles.
Première génération : C'est le cercle initial, il est seul, il faut trouver huit personnes entrantes une fois toutes les cases intérieures remplies (7 cases internes, donc 7 personnes ; 15 personnes en tout dans le cercle complet. Voir premier paragraphe, La composition du cercle)
2ème génération : 2 cercles, 16 personnes entrantes.
3ème génération : 4 cercles, 32 personnes entrantes.
4ème génération : 8 cercles, 64 personnes entrantes.
5ème génération : 16 cercles, 128 personnes entrantes.
6ème génération : 32 cercles, 256 personnes entrantes.
7ème génération : 64 cercles, 512 personnes entrantes.
8ème génération : 128 cercles, 1024 personnes entrantes.
9ème génération : 256 cercles, 2048 personnes entrantes.
10ème génération : 512 cercles, 4096 personnes entrantes.
11ème génération : 1024 cercles, 8192 personnes entrantes.
12ème génération : 2048 cercles, 16384 personnes entrantes.
13ème génération : 4096 cercles, 32768 personnes entrantes.
14ème génération : 8192 cercles, 65536 personnes entrantes.
15ème génération : 16384 cercles, 131072 personnes entrantes.
16ème génération : 32768 cercles, 262144 personnes entrantes.
17ème génération : 65536 cercles, 524288 personnes entrantes.
18ème génération : 131072 cercles, 1048576 personnes entrantes.
19ème génération : 262144 cercles, 2097152 personnes entrantes.
20ème génération, 524288 cercles, 4194304 personnes entrantes.
21ème génération : 1048576 cercles, 8388608 personnes entrantes.
22ème génération : 2097152 cercles, 16777216 personnes entrantes.
23ème génération : 4194304 cercles, 33554432 personnes entrantes.
24ème génération : 8388608 cercles, 67108864 personnes entrantes.
25ème génération : 16777216 cercles, 134217728 personnes entrantes.
Etc.
On le voit, à ce niveau, le nombre de personnes à recruter correspond environ au double d'habitants en France ! Et rapidement, on dépasserait la population mondiale !
Les participants aux cercles, parce qu'ils sont à l'intérieur du cercle, ont l'illusion d'un seul recrutement de 8 personnes. Toute la difficulté est, pour eux, de se placer d'un regard extérieur pour s'imaginer l'ensemble du système en marche : le réalité est bien là, si l'on arrive à la 25ème génération, il faudra, en tout, pouvoir recruter plus de 134 millions de personnes !
En somme restante
10000 € = 80000 € ! L'argent génèrerai donc de l'argent ! Voilà donc une belle et intéressante nouveauté ! Dans la réalité des cercles, comment se répartissent les sommes ? Par quel tour de passe-passe a-t-on cette illusion que l'argent fait des petits ?
Nous allons maintenant compter, non plus en personnes, mais en sommes d'argent déposées dans les cases.
Comme on l'a vu, un cercle se compose de 15 cases, sur 4 niveaux concentriques. Pour un cercle avec droit d'entrée de 10000 €, nous avons donc, une fois le cercle complet, une somme totale de 150000 €.
C'est à ce moment que le cercle se divise (fig. 2), que la personne centrale quitte le cercle en empochant 80000 €, et que les autres participants se répartissent dans deux nouveaux cercles.
En somme d'argent, cela donne 150000 € - 80000 € = 70000 €.
Les participants répartis dans les deux nouveaux cercles ont déjà déposé leur 10000 € dans le cercle initial ; à partir de là, il n'y aura donc que la périphérie du cercle - les 8 cases correspondant aux recrutés -, qui sera alimentée en argent.
Et étant donné que le cercle initial donne deux nouveaux cercles, on peut considérer que la somme restante de 70000 € est divisée en deux, d'où 35000 € pour chacun des deux cercles.
A la division suivante - 3ème génération -, représentée sur la figure 2, quatre nouveaux cercles font leur apparition. La somme de 35000 € est divisée par 2, ou, si l'on préfère, la somme restante initiale de 70000 € par 4, soit une somme restante par cercle de 17500 €. D'où :
Première génération : cercle initial, le seul rempli d'argent dans son intégralité, soit une somme totale de 150000 €.
2ème génération : 2 cercles, somme restante par cercle : 35000 €.
3ème génération : 4 cercles, somme restante par cercle : 17500 €.
4ème génération : 8 cercles, somme restante par cercle : 8750 €.
5ème génération : 16 cercles, somme restante par cercle : 4375 €.
6ème génération : 32 cercles, somme restante par cercle : 2187,5 €.
7ème génération : 64 cercles, somme restante par cercle : 1093,75 €.
8ème génération : 128 cercles, somme restante par cercle : 546,875 €.
Etc.
En considérant l'apport des 8 cases périphériques, voilà les sommes totales :
Première génération : 150000 €.
2ème génération : 35000 + 80000 = 115000 €.
3ème génération : 17500 + 80000 = 97500 €.
4ème génération : 8750 + 80000 = 88750 €.
5ème génération : 4375 + 80000 = 84375 €.
6ème génération : 2187,5 + 80000 = 82187,5 €.
7ème génération : 1093,75 + 80000 = 81093,75 €.
8ème génération : 546,875 + 80000 = 80546,875 €.
Etc.
On voit bien là que l'argent ne génère pas de l'argent, la somme restante tendant toujours un peu plus vers zéro sans jamais l'atteindre. La somme totale diminue, il n'y a pas gain d'argent, mais bel et bien perte d'argent. Les 80000 € entrants couplés à la division des cercles donnent l'illusion d'un gain qui s'avère être en réalité une perte.
Cette démonstration montre clairement le problème qui apparaît lors des demandes de remboursement de certains participants : il n'y a plus d'argent, les participants voulant se retirer ne peuvent pas être remboursés.
Quelques exemples parmi les mensonges des cercles
Les cercles d'abondance sont utilisés depuis très longtemps par les différents peuples de la planète, comme en Afrique avec la tontine.
FAUX ! Les cercles d'abondance ne sont absolument pas comparables à la tontine africaine. La tontine n'a rien d'un système pyramidal et l'on ne doit pas recruter indéfiniment des adeptes pour la faire fonctionner. Certaines fois, les cercles d'abondance se réfèrent aux Inuits. Il s'agit du même mensonge, en utilisant l'extrême facilité d'un argument invérifiable.
Des gendarmes, des membres des RG, des hommes politiques, et même le gouvernement participent aux cercles d'abondance.
FAUX ! L'important n'étant pas que des gendarmes y participent, puisqu'il y aura toujours des gendarmes véreux... L'important étant de savoir si la gendarmerie dans son ensemble approuve, ou désapprouve, ou même tolère, les cercles d'abondance. Or, plusieurs enquêtes de gendarmerie sont en cours, dans différentes régions de France, en ce qui concerne les cercles. Plusieurs interpellations ont déjà eu lieu, il suffit de lire les articles de journaux retranscrits sur le Net pour s'en convaincre. Ce fait donne clairement l'opinion de la gendarmerie sur les cercles.
Chez les RG, on raconte que les cercles sont "l'oxygène des pauvres".
FAUX ! Vérification faite auprès des RG eux-mêmes : les RG n'ont jamais dit cela, ils ne cautionnent absolument pas ce système et, bien au contraire, ils récoltent le maximum d'informations dessus afin de faire tomber les cercles.
Référence à l'article 122 du Code du Commerce sur la protection du consommateur.
FAUX ! L'article 122 du Code du Commerce ne rentre pas du tout dans le cadre des cercles d'abondance. La référence à cet article dans le milieu des cercles n'est destiné qu'à mettre en confiance les participants ; il s'agit en réalité d'un usage abusif et mensonger.
Un vocabulaire de sectes
Quelques extraits d'une version de la Charte (texte lu en fin de réunions)
"Seule la personne au centre, détient les documents écrits. C’est la garantie pour chacun d’une bonne compréhension du système et donc une bonne retransmission."
Et comment donc avoir une bonne compréhension du système alors que la Charte est lu rapidement en fin de réunions et que personne ne peut la consulter ? Cette lecture a simplement pour but d'imprégner l'adepte des grandes idées du système, de manière subliminale.
"LA CONFIANCE est la pierre angulaire de ce concept : confiance en soi, en l’autre et en l’intelligence collective."
Un système basé sur la confiance, où vous laissez votre argent en liquide - souvent à un inconnu -, sans signer aucun papier !
"Je m’engage à m’imprégner de l’esprit du concept pour bien le retransmettre."
Propos entendus en réunion
Quelques mots sur les Travailleurs de Lumière qui attendent l'Avènement de la Nouvelle Terre. Et le fait que grâce aux cercles d'abondance, bientôt, il n'y aura plus de pauvres sur la Terre.
Or, on l'a vu, le système est voué à l'échec en arrivant à sa propre saturation.
Propos des plus inquiétants, tant ils semblent être ceux d'un mouvement sectaire.
Les méthodes employées pour éviter l'effondrement ultra-rapide du système
Le système cerclique, dans sa forme de base telle qu'elle est montrée sur la figure 3, arrive en très peu de temps à son point d'effondrement. Plusieurs méthodes sont employées afin de faire croire à la progression du système. Tout cela n'est en réalité que tours de magie.
Les inversions de personnes
Des personnes sont parfois déplacées d'un cercle à l'autre. Une personne issue d'un cercle à progression lente - voire bloqué - peut ainsi se retrouver dans un cercle à progression plus rapide. Ces inversions se font entre différentes régions de France, le cercle à progression lente étant en général situé dans un département déjà saturé, et le cercle à progression rapide, situé dans un département où le système est encore peu développé et où se trouve donc un potentiel relativement important de futures victimes. Ce déplacement d'un cercle lent vers un cercle rapide va donner l'illusion à la personne que le système fonctionne. En réalité, chaque cercle ne peut aller qu'en ralentissant, jusqu'au blocage et à l'arrêt total.
Les fusions de cercles
Lorsque un cercle se retrouve bloqué et que les participants n'arrivent plus à recruter, on le fusionne parfois avec un autre cercle qui se trouve dans le même état. Là aussi, cette reprise d'activité n'est qu'une illusion, et rapidement les participants et les nouveaux entrants se retrouveront face au même blocage que précédemment.
Les tremplins et les boosters
Les tremplins sont des cercles avec des tarifs d'entrée plus faibles, en général 1000 € ou 2000 €. De même, les boosters, qui sont souvent proposés à partir de 100 €.
Ces tremplins et boosters sont présentés comme une aide aux participants, tout le monde ne disposant pas de 10000 € à "investir". On vous dit en réunions que grâce à ces tremplins, vous pourrez ressortir avec une somme d'argent permettant l'entrée dans un cercle à 10000 € ; ce principe de tremplins et de boosters est donc présenté comme une chance pour vous, dans le cas où vous disposez de peu de moyens.
Dans la réalité, les tremplins et les boosters permettent un recrutement beaucoup plus large d'adeptes, en allant rechercher de nouveaux entrants dans les classes sociales les moins aisées, tel que le milieu des chômeurs et des rmistes.
A qui profite le crime ?
On peut bien sûr se poser la question... Aux participants ? La plupart d'entre eux ne comprennent pas les tenants et les aboutissants de toute cette histoire et croient au bien fondé et au bon fonctionnement du système... Il faut chercher plus loin.
Nous avons dit plus haut que le cercle initial, c'est-à-dire celui de première génération, est "le seul rempli d'argent dans son intégralité, soit une somme totale de 150000 €". Ce fait n'est pas vraiment exact. L'important, pour faire croire au fonctionnement du système, est que les 8 cases extérieures se remplissent d'argent. Quant aux trois niveaux en-dessous, il est fortement probable qu'ils aient été infiltré dans le cercle initial par un groupe de complices n'ayant en fait déposé aucune somme d'argent. Ceux-là empochèrent donc à tour de rôle 80000 €, sans jamais avoir rien payé.
Mais cela ne suffit pas. Car si le cercle initial est infiltré dans ses trois premiers niveaux par des escrocs, le système s'en va ensuite à la dérive et s'effondre rapidement. Or, on l'a vu, il existe un encadrement autour de tout cela : réunions, charte, etc... et le système perdure depuis environ trois ans maintenant, de rafistolage en rafistolage, et avec de plus en plus de demandes de remboursement. Il faut donc que nos escrocs, après avoir profité du cercle initial, se payent d'une autre manière.
La solution de l'énigme se trouve dans les prélèvements.
Plusieurs systèmes de cercles différents se font concurrence en France à l'heure actuelle ; les prélèvements diffèrent de l'un à l'autre, mais sont toujours présents.
Dans le réseau comprenant un système cerclique à deux phases, décomposé en bulle multicolore puis grande bleue (parfois appelée super bleue), où la grande bleue n'a plus besoin de recrutement puisqu'elle est directement alimentée par les "gagnants" de la bulle multicolore, les prélèvements ne semblent s'effectuer que dans la grande bleue, comme le démontre cet extrait de la charte : "Quand j’arriverai au centre de la grande bleue, je mettrai de coté une contribution qui sera un don au service de l’ensemble des projets, en cas de besoin". Le montant du prélèvement effectué ne nous est pas connu.
Dans le réseau comprenant un système cerclique à trois phases, décomposé en concept, en gold et en champion, les prélèvements s'effectuent dès la première phase. Lorsque vous sortez avec les 80000 €, vous devez reverser 2000 € aux organisateurs, pour "frais de gestion", comme ils disent... Car organiser des réunions, cela coûte cher, cela prend du temps, alors les gentils organisateurs veulent au moins se rembourser les frais... Normal !
Revenons à notre figure 3, et admettons que les 32 cercles de la sixième génération se divisent pour former 64 nouveaux cercles. S'ils se divisent, c'est que 32 personnes placées au centre de chacun des cercles ont touché, chacune, 80000 €. Chacune de ces personnes doit donc payer des "frais de gestion". La somme totale qui remonte jusqu'au sommet, jusqu'aux organisateurs, est donc :
32 x 2000 € = 64000 €
Voilà des frais de gestion très lucratifs, et encore nous n'avons pris là que l'exemple du prélèvement de 2000 € à la sortie du concept, n'ayant pas connaissance du montant prélevé dans les deux phases suivantes, le gold et le champion. Toutefois, on peut se donner une petite idée du prélèvement lorsque l'on connaît le montant d'entrée et le montant de sortie de ces phases : pour le gold, l'entrée est de 13000 €, la sortie de 104000 € ; pour le champion, l'entrée est de 34000 €, la sortie de 272000 €. A noter que dans ces deux phases, comme dans la grande bleue citée plus haut, il n'est plus nécessaire de recruter, ces cercles étant automatiquement alimentés par les "gagnants" de la phase précédente.
On comprend maintenant que l'intérêt des organisateurs est bassement matériel, intérêt couvert par le mensonge de la "solidarité". On comprend mieux maintenant, aussi, pourquoi les organisateurs ont tout intérêt à ce que le système perdure, et pourquoi ils font preuve de toujours plus d'imagination pour mettre en place des méthodes basées sur la manipulation mentale et sur l'illusion mathématique pour repousser au plus loin l'effondrement du système cerclique.
En conclusion
Plus qu'une simple arnaque, les cercles d'abondance sont une véritable organisation criminelle à caractère sectaire. Il faut absolument dénoncer ces cercles et informer la population du danger qu'ils représentent, non pas seulement sur le point de vue du vol d'argent, mais aussi et surtout sur le point de vue des risques psychologiques liés à la participation dans ce système des plus malsains. Et qu'on les appelle cercles d'abondance, roues d'abondance, rondes d'abondance, bulles multicolores, randonnées, jeu de l'avion... le fonctionnement est le même et ils sont tous, absolument tous, à éviter.
Antoine Forcès
Note : j'ai été confronté aux cercles d'abondance pour la première fois en décembre 2007. Sur mon premier blog, j'avais écrit trois textes inspirés de cette histoire de cercles. J'en reproduirai au moins un, prochainement, sur mon blogue littéraire.
Et pour plus d'informations sur les cercles d'abondance, je vous conseille vivement la consultation du blogue anticercles.







